La religion me fait chier

Tout commence par un simple tweet de Raphaêl Enthoven.


J’ai relu plusieurs fois.  Être musulman, c’est croire.  donc être musulman sans croire en Dieu…je découvre un concept un peu étrange.  je ne vous cache pas qu’au début je trouve ça même totalement idiot. Je réagis aussitôt

Puis je me décide à explorer le pourquoi d’une telle phrase. Tout vient d’un article du journal « le point » du Brice Couturier sur Mehdi Meklat.


L’article est franchement mauvais. D’un idiot comme Mehdi Meklat, on généralise à toute la banlieue. Mieux, on parle d’islamisme alors que ce jeune écrivain est athée. Les préjugés vont bon train. celui ou celle qui porte un nom arabe est musulman. bref, n’insistons pas trop. Donc le philosophe pour aller dans le sens de l’article essaie d’expliquer que l’on peut être musulman sans croire en dieu.

Twitter n’est pas l’endroit pour réfléchir.  surtout en 140 caractères. Le tweet du philosophe a été l’origine d’une petite tempête. Tout se croisait, on avait droit à l’islamophobe jusqu’à la salafiste convaincue.
je me suis occupé d’abord des islamophobes.  je colle l’image d’un dialogue. Je ne vous cache pas ma consternation.


Plusieurs personnes m’interpellent et donnent leurs interprétations.  Ce n’est pas subtil et très orienté. mais une chose m’a marqué. Les anti-islam sont tellement obsédés par le sujet qu’ils ne parlent que du coran à longueur de journée. Je me retrouve donc à parler de la soi disante interdiction de l’alcool avec un islamophobe qui maîtrise l’abrogation des versets sur le bout des doigts et qui l’oriente en version haine de l’islam. Fatigant !


En fait, la tournure de la discussion est tellement folle que j’ai l’impression de discuter avec un intégriste. Je quitte le débat pour atterrir vers un nouveau…sur l’interprétation d’un texte sacré. et là , je me coltine une salafiste qui , sauf erreur de ma part, a 17 ans. On s’accroche…

J’ai déjà vécu cet argument des savants. En fait, cela se passait il y a quatre ans au boulot où j’assistais, en tant que délégué du personnel , une femme qui refusait de retirer son voile. Je lui avait expliqué que le règlement intérieur interdisait tous les signes religieux.  son argument : les savants l’avaient convaincu de garder le voile en toutes circonstances. Bilan : une femme avec trois enfants au chômage. bravo les savants.

En fait, si le tweet de départ de Raphaël Enthoven était absurde, les différents débats m’ont prouvé une chose. La religion me fait chier.  J’ai un respect infini pour les croyants ou non croyants mais lire à longueur de journées des personnes qui sont sures et certaines de leur vérité a un pouvoir de nuisance hallucinant qui fait perdre tout sens de la réalité. Faut il que les gens soient malheureux pour se concentrer uniquement sur ce sujet ! En parodiant la phrase de l’artiste Robert Filliou, je pense que cela s’adresse bien aux croyants de tous bords: la religion est ce qui rend la vie plus intéressante que la religion.

Seul point positif à ces débats, la découverte de cette émission avec Souleymane Bachyr Diagne. 26 minutes de bon sens et de culture qui change du gloubi-boulga de twitter.

Raphaël Enthoven a fait une mise eu point dans cet article. Même si ces éclaircissements étaient nécessaires. je suis toujours dubitatif sur le fond.

Dans mes tympans #001

Cela faisait longtemps que je n’avais pas craqué sur des morceaux de musique. Trop énervé avec la politique française,  j’ai oublié de prendre du bon temps sur ce blog. Grâce au site de ma fille, je reprends goût à découvrir de la culture et de la musique. Trois morceaux ont titillé mes oreilles ces derniers jours.

The Blaze – Territory

Rien à dire. Résiliation parfait. Un hommage à la jeunesse algérienne.

The Weeknd – I Feel It Coming ft. Daft Punk

dernier titre et c’est celui qui tourne en boucle à la maison…

Childish Gambino – Sober

Running nostalgie

Je chausse mes baskets et je file tout droit. Je ne réfléchis pas à la destination mais aujourd’hui j’ai couru direction le quartier de la Boissière. J’en avais déjà parlé ici. j’ai vécu dans ce quartier de 1973 à 1992. des souvenirs sont imprimés…des images surtout..

le quartier en 1976.

Un terrain vague…une cabane en bois où avaient lieu les cours de catéchisme. A gauche l’autoroute, à droite le cimetière de Noisy le sec. Ce matin, pris d’une irrésistible nostalgie je suis retourné dans les rues de mon enfance. Le petit escalier de pavés qui monte sur Montreuil n’a pas changé.

La rue des Guillaumes. Ma rue, mes potes. Le petit immeuble de quatre étages où j’habitais est toujours là. mais d’autres sont apparus. Le pavillon avec le cerisier dont on piquait la récolte n’est plus là remplacé par un immeuble. Le terrain vague est devenu un petit parc pour enfant. Gamin, j’ai tout fait dans ce terrain vague. Du foot, du vélo, des bagarres, des rendez vous coquins. En archéologue de mes souvenirs, tout remonte, j’ai 48 ans et je me revois à 10 ans parcourir ce lieu. Courir déjà.

Mon école primaire où j’ai tant appris.la petite pente que je devalais en skate est devenue un petit parking, et le terrain de basket est devenu une aire de jeu super bien foutue. L’autre partie du terrain vague est désormais une crèche.

j’observe les fenêtres de l’école. il y a plus de trente ans, mon regard s’échappait de la classe en espérant voir ma mère qui partait faire ses courses.

2017. Mes yeux ridés contemple jalousement ces rues qui changent et bougent. Contrairement à moi, la Boissière a rajeuni.

Les chasseurs de tweet

Depuis l’affaire Mehdi Meklat, j’ai découvert une nouvelle méthode sur les réseaux sociaux pour dévaloriser une personne : chasser les tweets les plus ambigus, mettre en avant les textes les plus cons qu’une personne a pu poster sans réfléchir.
Bizarrement, dans un grand nombre de cas, les personnes qui sont ainsi pistés sur internet sont noirs, arabes ou ont des liens avec des associations anti-racistes. L’objectif étant de casser leurs discours pour cibler ensuite le mouvement auquel ils appartiennent.
On pourrait croire que ces actions sont le jeu de l’extrême droite. on réalise bêtement que non. La gauche s’amuse beaucoup aussi. Une gauche que je décris comme laïciste et qui vit une véritable psychose sur l’islam

Un exemple avec le compte twitter de @adpCharb

cette personne se présente comme « féministe, athée, République laïque sociale, opposée à tous les extrémistes et intégristes (droite,gauche, religieux…) » Cela fait une longue liste que l’on peut résumer en « proche du printemps républicain, dans la mouvance de Vals et contre le port du voile dans l’espace public »
On peut rajouter qu’elle est Charlie. Ceci a son importance car être Charlie sauf erreur de ma part c’est être pour la liberté d’expression et le débat.
Cette personne n’hésite pas à utiliser l’amalgame. Quiconque est en photo avec tariq Ramadan est un complice des frères musulmans, quiconque défend à chacun de pouvoir exprimer sa religion dans l’espace public est un islamo-gauchiste ou idiot utile. Des exemples :

Ci dessus un retweet d’un compte qui est de la même mouvance laïciste. Donc si on discute avec un membre du CCIF (Collectif contre l’Islamophobie en France) on est complice des frères musulmans. pas de débat contradictoire. pas de dialogue. Étonnante notion de liberté d’expression, être charlie à géométrie variable.

Ce compte est l’origine de l’affaire « Mehdi Meklat » en mettant en avant les tweets injurieux de cet écrivain. Une victoire pour cette personne qui a dénoncé ce scandale. mais cela ne s’arrête pas là. Après cette dénonciation à juste titre de ces textes violents en 140 caractères, @adpchard dénonce quiconque qui est en photo ou a travaillé ou essayé de débattre avec Mehdi Meklat. Drôle de procédé. Bref, télérama, le monde, les inrocks , bondyblog, mediapart…à essayer de comprendre l’attitude de Mehdi Meklat sont complices de ses propos. on est dans une société où on ne veut plus comprendre mais condamner. on ne veut plus dialoguer, on veut interdire de parole. Personnellement , je n’ai pas vu les articles de mediapart ou autres, des textes qui légitimaient les tweets de Mehdi Meklat. En fait, il vaut mieux interdire que de comprendre.

A force de jouer aux andouilles, tout débat devient donc impossible. Est ce qu’il me viendrait à l’esprit de critiquer la couverture du compte twitter de @adpChard issue du film « portier de nuit »

« Dès sa sortie en 1974, le film suscita de nombreuses polémiques tant dans le milieu du cinéma que chez les intellectuels. Il fut critiqué pour son « esthétique nazie » et la mise en scène malsaine et théâtrale à caractère sexuel d’une victime et de son bourreau. Le film est ponctué de flash-back dérangeants qui exposent la relation sadomasochiste entre Max et Lucia, totalement déconnectée de la réalité atroce de l’univers concentrationnaire » (source wikipedia)

Est ce que cette faute de goût anéantit le combat de cette personne contre l’extrême droite ? Je ne pense pas, il arrive à tout le monde de faire des erreurs sur twitter. par jeunesse, par naïveté, par manipulation etc..mais cette police de twitter si elle peut dénoncer à juste titre des débordements pose problème quand elle est dirigé sans arrêt contre les mêmes personnes. au hasard, des français noirs ou arabes.

On finit par être parano. Lorsqu’Alice Diop obtient le césar du court métrage et rend hommage aux victimes des violences policières. Je me suis surpris à me connecter sur @adpcharb et les autres comptes du même esprit pour voir leurs recherches en meute. Il n’y avait rien. Alice diop ne semble pas avoir de compte twitter. Heureusement pour elle.

Dernier exploit : Oulaya Amamra, qui a l’age de 15 ans faisait des copié collé de paroles de rap ou balançait des textes à l’age de 15 ans .

Étonnant à remarquer , le discours des comptes FN ressemble à s’y méprendre à ceux de la gauche républicaine. Est ce que je vais faire l’amalgame. pas du tout, je suis certain que les personnes de cette gauche républicaine sont sincères dans leurs luttes contre l’islamisme. Sauf qu’à pister toutes les personnes qui n’ont pas la même opinion qu’eux , le discours est totalement noyé et le twittos lambda finit pas confondre printemps républicain et FN.

Pire, les dénonciations à flux tendu du printemps républicain semble légitimer la violence de l’extrême droite. Suite à l’affaire Medhi Meklat, le bondyblog a reçu des menaces de mort.

Peut on dire que les amalgames des tweets du printemps républicain sont à l’origine de cette situation ? je l’ignore mais le dialogue ci dessous entre un facho et un partisan de la laïcité à la Laurent Bouvet laisse perplexe..

Junzi (@GLookathat ), qui a la même mentalité que @apdChard, essaie de calmer les esprits et d’éviter une polémique. L’excès de dénonciation a abouti à une menace de mort, il faut éviter que cette « gauche républicaine » soit responsable. Donc voici le dialogue entre un facho (qui croit aux ovni) avec qui on peut discuter tranquillement alors qu’avec bondyblog et autres le débat est quasi impossible. allez comprendre ?!!!

Logiquement, l’attentat de Charlie hebdo fait son apparition. cela revient régulièrement pour couper court au dialogue.

On relit calmement. En fait ce n’est pas la menace de mort qui gène mais la possibilité que cet appel au meurtre victimise le bondyblog. Que dire ? si on menaçait Pascal Bruckner, mohamed sifaoui ou autres personnes dont je n’aime pas les idées, je serai tout simplement choqué et je ne penserai pas une seule seconde à la possibilité que ces personnes puissent se victimiser !! hallucinant.

Idéollogiquement fermé…il y a de quoi rire. Mais tout va bien. On comprend la colère qu’une personne qui partage du Henry de Lesquen condamné pour provocation à la haine et contestation de crime contre l’humanité.

Allez hop on se tutoie entre potes. On discute de l’entretien avec Laurence Rossignol (pilule qui a été mal digéré). Le petit dialogue se termine par un lien de Dreuz qui n’est pas vraiment orienté à droite.

On récapitule : sur internet, des militants de tous bords farfouillent et chassent les tweets compromettants avec un objectif : nuire à une personne et à travers elle taper sur des médias avec lesquels on n’est pas d’accord. Il y a un côté justicier du réseau un peu flippant qui dénonce plus vite que son nombre. Parfois cela donne la sensation que ces personnes ont un os à ronger. Elles mitraillent à longueur de journée contre une personnalité avec qui elles sont en désaccord. D’ailleurs on voit les futures cibles. Hanane Karimi est dans le collimateur. Cette militante féministe qui lutte aussi contre les violences policières déplaît donc on mitraille.

de l’ironie, comme si dénoncer les violences policières signifiait la haine de la police. Digne d’une brève de comptoir.

Cette chasse aux tweets est fatigante. SI elle aboutissait à des explications ou à des débats contradictoires, cela serait positif. Bien au contraire, cela finit par entraîner de la confusion entre une certaine gauche et une extrême droite qui emploient les mêmes techniques sur le réseau. Bref, un joli merdier qui n’est pas prêt de s’arrêter et qui au final peut devenir très dangereux avec des menaces de mort.

Mehdi Meklat est un enculé

Étonnant. En écrivant ce titre haineux, je n’étais pas à l’aise. Sur le réseau, je n’apprécie pas beaucoup la vulgarité qui est souvent le refuge des imbéciles. j’ai une expérience de plus de vingt ans sur internet. j’ai mené de nombreux débats en essayant de ne jamais agresser personne. Ho bien sûr l’idée de pondre un blog défouloir m’a effleuré. Cracher mon venin, dénoncer agressivement ce qui me choquait. Cela n’a jamais abouti car au fond de moi, je pense que je suis un gentil. J’ai des idées, j’aime en débattre mais je ne veux blesser personne. Bref je ne suis pas comme Mehdi Meklat. 98 % des français ne connaissent pas ce jeune homme qui est au cœur d’une polémique sur twitter.
Ce gamin de 24 ans co-écrit des livres avec Badroudine Saïd Abdallah. Chroniqueurs sur le site du Bondyblog, il intervient sur France Inter, Deux livres parus aux éditions du Seuil. Il commence à avoir une belle réputation, il est invité dans l’émission « la grande librairie ». Bref, un petit succès d’estime après avoir fait la couverture des inrocks avec Christiane Taubira. Mais il y a un mais…cette andouille avait un compte twitter depuis 2009 dans lequel il pondait des propos racistes, antisémites, homophobes et misogynes. Voici quelques exemples ci dessous.

Il y en a plein d’autres du même genre. c’est assez consternant. Certains sont carrément à vomir. Je me souviens m’être abonné à ce compte twitter puis m’être enfui devant cette bouillabaisse. Mais il y a toujours un mais…cette logorrhée ne correspondait pas à la personne dont je lisais les article sur bondyblog et regardais les images sur instagram. quelque chose ne collait pas. Tout a explosé aujourd’hui. Dans le bruit et la fureur du réseau.
Pour expliquer ce vomi de haine, « Il se défend en précisant sur son compte Twitter que ces propos ont été publiés sous couvert d’un personnage fictif, « Marcelin Deschamps », qu’il présente comme un « personnage honteux raciste antisémite misogyne homophobe », à travers lequel « [il] questionnai[t] la notion d’excès et de provocation. » (source wikipedia)

L’explication est difficile à digérer. Sur ce point, il m’a fait penser à l’artiste jean louis Costes qui avait été attaqué en justice en 1997 par la LICRA, MRAP ET IEJ pour incitation à la haine raciale. son avocat « Thierry Lévy y voyait une représentation destinée à mettre en avant les limites de la pensée raciste en poussant sa logique jusqu’à son paroxysme, parfaitement absurde » (source wikipedia)

A mon humble avis, La comparaison s’arrête là car Mehdi Meklat a du talent d’écriture qui commençait à être reconnu. Il a fait cette énorme connerie et va en subir les conséquences via le réseau ou via la justice.

Fin de la première partie où le lecteur comprend que je ne soutiens pas la démarche de Mehdi Meklat.


Deuxième partie où je vais parler de la meute. Avant toute chose, il faut rappeler que Mehdi Meklat fait partie du Bondyblog, a soutenu la campagne de pub du CCIF et a participé au magazine Teleramadan. c’est important car on réalise vite que cette andouille s’est retrouvé au centre d’un conflit entre deux camps. D’un côté, un groupe qui aspire à la laïcité pour tous et qui n’hésite pas à défendre les cas de discrimination des femmes voilées, de l’autre des laicistes purs et durs faisant partie du printemps républicain et qui rejette en bloc les femmes voilées.

Tout commence avec ce tweet de @ADPCharb. j’ai souvent lu cette personne. elle est de la même mouvance que Céline Pina. Bref, des gens souvent excessifs, un peu borné et un tantinet obsédé par l’islamisme. D’ailleurs, Céline Pina s’est empressé de les féliciter.

Donc lorsque le jeune écrivain apparaît à la télévision dans la grande librairie. @ADPChard profite de l’occasion pour tacler Mehdi Meklat. A juste titre.

Paf dans les dents. Ce n’est pas la première fois que ce compte twitter dénonce l’écrivain. Mieux, le crétin a déjà été épinglé en 2014. Donc l’affaire est lancé sur twitter. le feu prend rapidement avec l’aide d’une autre personne @TheCaroCaro45. Le duo se lance dans un spam des tweets incriminés.
La cible est atteinte mais l’occasion est trop bonne. On peut tenter de faire d’une pierre deux coups. Donc dans la foulée, on épargne ni le bondyblog, ni christiane Taubira, le CCIF, on voit débarquer l’argument des frères musulmans…paf ! paf !

c’est justement ici que l’on constate la dérive. Au départ, une dénonciation légitime de tweets orduriers se transforment en donneurs de leçon. Cela commence à puer sévère car on va retrouver une liste longue de personnes qui agissent souvent en meute et ne laissent aucune aspiration au débat. Du clash, de la dénonciation, faut aller vite et taper fort. La moindre argumentation est battue en brèche. On retrouve Celine Pina, Laurent Bouvet, Gilles Clavreul et un tas de comptes twitter ( JOD, joan sfar …etc…)
le liste des personnes incriminées : Christiane Taubira, les inrocks, le bondyblog…c’est impossible de se défendre et pour cause, c’est indéfendable.

On découvre l’intérêt de cette polémique pour les laicistes purs et durs. Ils ont gagné par KO et en plus, quelqu’un leur a fourni les gants. En conclusion, je vous met ce dessous la réaction de la LICRA qui fait partie des sympathisants du printemps républicain.

vous avez senti le petit tacle final sur le CCIF. ça pique un peu. c’est de bonne guerre. Mais ça fait peur. si un jour, j’ai écrit une connerie sans me rendre compte de l’impact, on va me le ressortir. a t-on le droit à l’erreur sur internet ? En fait, aussi bien Medhi Meklat et les justiciers fouilleurs d’archives me font peur.

Et pendant ce temps là ,ailleur, j’interroge mes proches ou mes collègues…

– vous avez vu la polémique sur le jeune écrivain sur twitter ?
– heu non pas du tout…aujourd’hui c’est à toi de payer le café.

Bref, le petit microcosme internet ne pète pas bien loin et n’a pas d’impact dans la vraie vie. c’est rassurant.

A lire cet article de Claude Askolovitch .

et enfin cet entretien de Mehdi Meklat

Deconnexion

Depuis mercredi, j’ai prêté ma bécane à mon fiston. quatre jours sans ordinateur. On ne peut pas dire que cela m’a profondément ennuyer. J’ai juste la vague impression d’avoir paumé mes pinceaux et mon carnet à dessin. Sur mon site principal, je ponds régulièrement des photographies et des bidouillages d’images via scanner et donc ordinateur fixe. Bref, je suis un tantinet dépendant.
L’objectif après ces quelques jours de pause est de m’organiser pour pouvoir pondre des artisteries avec d’autres moyens. Bref, être un peu autonome si la pause d’ordinateur devait durer plus longtemps. j’ai donc sorti tablette, toile, crayon et gomme…on n’est jamais assez prudent.

Dégonflage d’une propagande

Ha oui ! il y a un gros problème chez nos amis policiers. Un jour, on a la police des polices qui explique que recevoir une matraque dans l’anus est un accident, et hier soir la préfecture de police annonce différents événements lors de la marche pour que le justice fasse son travail correctement dans l’affaire Théo. Cela commence par ce communiqué :

on lit bien « des effectifs de police ont du intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu » Honteux, les irresponsables de la manifestation ont donc failli avoir une mort sur la conscience. Ces gens de banlieue font vraiment n’importe quoi ! D’ailleurs le journal « le parisien » toujours aussi rapide et fiable sur l’info titre sous les mots-clefs « bobigny – débordements – casseurs » : Une fillette de 6 ans sauvée des flammes. Ouf la police était là pour la sauver. Je rappelle que le journal le parisien avait expliqué dans un article que Theo avait son pantalon qui descendait sur ses hanches ( bel exemple de journalisme-fiction)

Sauf que…c’est entièrement faux et que la police était plus occupée à gazer et taper des manifestants que de sauver une fillette. Ce matin, on découvre ces témoignages…ce sont les manifestants qui ont sauvé la gosse d’une voiture qui n’a pas brûlée (relire le titre du parisien et rigolons ensemble). Bref plus de peur, que de mal.

Pour la préfecture de Police, cela sent un peu la cramé. La belle occasion de passer de policiers violeurs à des CRS sauveurs s’écroule comme un château de cartes. Et pour dégonfler cette propagande policière, la préfecture se sent obligé de pondre ce tweet.

Avec ces violences et ces mensonges à répétition, on peut vraiment se questionner sur l’état de santé de la police nationale.

La peur des flics

Mes gosses grandissent. Ils sortent le soir. En tant que parent, on a toujours peur qu’ils fassent une mauvaise rencontre. Tabassé pour un vol de mobile…depuis quelques mois, même années..une nouvelle trouille a surgi : La peur des flics.

Dans ma bonne ville du Raincy, Maxen un gamin de 16 ans se fait tabasser suite à un contrôle de la BAC.

La rue où a eu lieu l’agression n’est pas loin de chez moi. Quand j’entends une sirène de police, le doute m’envahit. Mes gamins métisses peuvent se faire cartonner pour un banal contrôle. Flippant. Ce contrôle au faciès n’est pas nouveau. Si tu es noir ou arabe, c’est pour toi. J’ai cette expérience. Il y a plus de trente ans à Noisy le Sec, la police ne contrôlait pas le jeune ado blanc que j’étais. Mais dés que j’étais avec mes potes noirs et arabes, on y avait droit. Déjà à l’époque, on subissait des petits coups de pression pour nous pousser à la faute. Je n’ai jamais cédé.
Noisy le sec, je pense à Amine Bentounsi tué d’une balle dans le dos sans sommation le 22 avril 2012. J’ai suivi le procès, c’était consternant de faux témoignages et d’arrangements. Sa sœur Amal se bat depuis avec le collectif « Urgence notre police assassine ».
Bien sûr, certains commenteront que cette victime était en cavale, ce n’est pas un argument valable pour tuer une personne dans le dos sans sommation. Point barre. Ce point est important à retenir. Car lors de ses violences policières, les arguments essayant de culpabiliser la victime sont récurrents.

Adama Traoré..ce jeune homme de 24 ans décédé dans le cadre d’une interpellation entre les communes de Beaumont-sur-Oise et de Persan, dans le Val-d’Oise, le 19 juillet dernier. On découvre six mois après que ce jeune homme n’était pas malade comme le disait la police responsable de sa mort.

Puis nous avons Théo, l’affaire terrible où un jeune se fait violer par quatre policiers qui lui introduisent une matraque dans l’anus. Une monstruosité ! à lire ici

J’approche d’un age où je commence à accumuler pas mal de noms de victimes de violences policières : Malik Oussekine en 1986, Zyed et Bouna en 2005…toujours le même sentiment d’impunité qui règne. Les familles demandent justice, la police est le plus souvent relaxée. Pire, il y a un foutage de gueule cynique. Que dit la police des polices ? que le fait de recevoir une matraque enfoncée dans un anus jusqu’au colon était un accident et non un viol. Et les médias ? bah les journaux font leur boulot en servant la soupe. Il suffit de lire cet extrait du parisien qui sous-entend que le gamin avait son pantalon déjà baissé.

un syndicaliste de la police explique tranquillement que le terme bamboula lors des altercations est normal..

Un avocat en rajoute sur twitter en disant ceci…oui le racisme s’est bien libéré et cela ne choque plus personne.

Rarement j’ai entendu que l’on devrait virer ces flics qui n’ont rien à faire dans la police. Comme d’habitude. Donc oui depuis quelques années, j’ai la peur de la police, de l’uniforme, des cow-boys qui matraquent et tabassent. Pourquoi s’arrêteraient ils ? on les relaxe ou déplace quand la bavure a été trop voyante.

alors j’entends déjà certains me dire :

– mais Bobig, cette phobie que tu as …il ne faut pas exagéré, tu fais des amalgames…tous les policiers ne sont pas des crétins violents. Nombreux sont ceux qui prennent à cœur la protection et le service des citoyens.

Justement, c’est là où je veux en venir. Si on arrive à faire la part des choses, à comprendre qu’il s’agit d’une minorité de flics, pourquoi les médias, les politiques n’arrivent pas à voir que c’est exactement la même chose pour la banlieue, pour les religions ? qu’il s’agit justement d’une minorité qui fout le bordel. si chacun prenait conscience de cela au lieu de faire des amalgames, je pense que ces sentiments de phobie (xénophobie, islamophobie….) disparaîtraient rapidement. comme ma peur de la police.

Le racisme imaginaire

En janvier 2015, juste avant les attentats de Charlie et de l’hyper casher, j’avais abordé le thème du racisme libéré. Je constatais une plus grande liberté pour exprimer son racisme. J’avais aussi abordé la hiérarchie du racisme an avril 2015 quand le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme avait dit que l’antisémitisme était différent de la haine anti-noir et/ ou anti-arabe. A mon humble avis, c’était une grosse connerie car il hiérarchisait une haine de l’autre. C’était il y a deux ans.
A la même époque, je parlais du terme islamophobie en expliquant une énième fois que ce n’était pas le refus de la critique de l’islam mais « la peur ou une vision péjorative de l’islam, des musulmans, et des questions en rapport  » (lire ici )
2017, les choses n’ont pas changé mais pire on constate que la hiérarchisation du racisme s’est répandue à la fois dans les médias ou chez des essayistes français. Cerise sur le gâteau, la mentalité française n’a toujours pas évolué sur le mot « islamophobie »
C’est le cas de pascal Bruckner qui a signé le livre « un racisme imaginaire ». Je copie/colle un paragraphe de l’article du journal le monde du 2 février 2017.

« Que les musulmans puissent être victimes de la haine, Pascal ­ Bruckner ne le nie pas et le dénonce avec force. Il juge cependant nécessaire de revenir sur la notion équivoque d’islamophobie. Ce ne serait pas un rejet des musulmans, plutôt un outil rhétorique qui sert à faire taire toute cri­tique de l’islam. L’islamophobie relève donc pour lui d’un « racisme imaginaire », car celui-ci fait croire que la remise en cause des croyances est illégitime et qu’elle équivaut à persécuter les fidèles. »

Ce paragraphe résume à lui tout seul le problème auquel se confronte la France depuis plus de vingt ans.Ce fameux savoir-faire pour mélanger tout et n’importe quoi. Pascal Bruckner aveuglé dans sa lutte contre l’islamisme finit par utiliser le terme « le racisme imaginaire » avec le fameux argument où le musulman se victimise ou que l’on exploite sa victimisation à des fins politiques.

Le principal problème de Pascal Bruckner est qu’il se masturbe le cerveau au lieu de lutter contre l’islamisme. Il fait un concours de zizi entre antisémitisme et islamophobie. Il s’enferme dans un combat sémantique alors que c’est par le dialogue, le débat que l’on peut faire évoluer les esprits. Le soucis de Pascal Bruckner est qu’il est dans sa tour d’ivoire et qu’il ignore que 80 % des musulmans français sont favorables à l’égalité hommes-femmes et à la laïcité. Alors vous allez me dire « mais bobig on s’en fout de cette andouille qui balance des conneries » et je vous répondrai ceci :

On ne s’en fout pas du tout. c’est même une catastrophe sans nom car, avec caroline Fourest, Mohamed Sifaoui et d’autres, Pascal Bruckner a une attitude de pompier pyromane. Et l’on constate en France une jolie dérive avec tout ce qui concerne les musulmans. Le dernier exemple en date est flagrant. Fin janvier, un terroriste inspiré de Marine Le Pen et Donald Trump, pénètre dans une mosquée et tue six personnes pendant leurs prières. Les médias français ont mis plusieurs jours à décrire cette acte comme un attentat. L’acte n’est qu’une fusillade.

Mieux comme on peut le voir sur ce tweet, on a même osé mettre des guillemets pour le mot attentat.

Je n’insisterai pas non plus sur le peu d’écho solidaire de cet attentat en France ( pas de bannière Facebook, pas de « je suis Québec ») alors qu’au Canada le pays était en totale union contre la barbarie et que le premier ministre canadien n’a pas invité de dictateurs à manifester dans la rue mais a montré sa volonté d’être un peuple uni grâce à ses différences. Regardez ce discours du député Joël Lightbound, une leçon d’humanité qui serait impossible en France :

Cette peur de nommer les choses, cette trouille qui concerne l’islam en France vient de ce racisme imaginaire de Pascal Bruckner. Les musulmans ne doivent pas être des victimes. Ils doivent souffrir en silence. Si on les voit de trop, cela devient suspect. C’est politique. Pourtant, il est important de rappeler que les musulmans sont largement les victimes les plus nombreuses des actes terroristes dans le monde.
Il faudra un jour que Pascal Bruckner et d’autres réalisent, qu’à force d’avoir un discours anti-islam, de dépeindre les terroristes en les amalgamant volontairement ou non aux musulmans, ils donnent une légitimité à certains d’agir et de tuer des personnes dans une mosquée. Penser que l’islamophobie est un racisme imaginaire n’est pas seulement idiot, c’est irresponsable !

Mise à jour du 09/02/2017 :

Pour éviter de vomir, il faut éviter entretiens de Pascal Bruckner dans les médias. Exemple avec cette phrase dénichée dans l’express.  Si ce n’est pas de l’islamophobie, ça y ressemble beaucoup.


17 ans déjà

Sur mon blog artistique, j’ai remis en ligne une œuvre réalisée en janvier 2000 intitulée « je recherche un emploi fictif » A l’époque, on baignait déjà dans les polémiques avec des emplois fictifs à la mairie de Paris. C’était il y a 17 ans déjà.

Mes artisteries me rafraîchissent donc la mémoire. 17 ans, c’est long et pourtant, en regardant l’actualité, on en est toujours au même point. En l’an 2000, des personnes de la même famille politique trempaient dans des affaires d’emploi fictif. Il s’agissait de Jacques Chirac, condamné à deux ans de prison avec sursis. Alain Juppé, candidat malheureux aux primaires de la droite avait été sanctionné d’un an d’inéligibilité. Fillon, Juppé, Chirac. En écoutant le groupe NTM, on réalise la force d’une punchline du morceau « qu’est ce qu’on attend pour foutre le feu »

« Les année passent, pourtant tout est toujours à sa place »